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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:30

La sentence de mort du Pr. Nadarkhani

 

La 11ème chambre du tribunal d'instance de Rasht a déclaré aux avocats qu'ils attendaient des réponses aux deux lettres envoyées à l'ayatollah Khamenei sur le pasteur Youcef NADARKHANI. Selon un des avocat, les juges devraient attendre encore un mois pour la réponse. Selon l'avocat, ils devraient se prononcer dans les cas vers la mi-décembre. Si le verdict final  ou la décision est négative, il est fort probable qu'il intervienne vers la fête de Noël, pour éviter de faire face à des réactions internationales. La Cour Suprême ayant confirmé la peine de mort, il semble que seul l'ayatollah Khamenei est à même de casser le verdict.
 
Sur le dossier de Chiraz
 
Le tribunal révolutionnaire de Chiraz a demandé oralement aux responsables de l'Église d'Iran, qui auraient condamné pour "atteinte à la sûreté du système, de se constituer prisonniers.Il s'agit du pasteur  Behrouz SADEGH-KHANDJANI, M.Mohammad BELIAD et son épouse Madame Nazly MOKARIAN.

 

Les Renseignements Généraux envisageraient l'élimination de M.KHANDJANI, le représentant de l'Eglise d'Iran à l'étranger.

 

Maître Dadkhah a demandé à ses clients de ne pas se rendre à Chiraz tant qu'ils n'auront pas reçu de notification écrite. M. Mehdi Furutan purge sa peine depuis deux mois.
 
A Karaj
 
Le pasteur Behnam IRANI continue à purger une peine de 5 ans dans la prison de Rajaishahr, à Karaj. Il a été condamné pour atteinte à la sûreté de l'Etat.
 

Il faut savoir


Il est souvent question aussi, à côte de l'accusation "d'apostasie", "d'atteinte à la sûreté de l'Etat" ou "de trouble à  l'Ordre" dans la mesure où dans un régime théocratique, l'expression d'une pensée religieuse "non conforme" constitue un acte d'opposition au système et d'atteinte à la sureté du régime.
 
En dépit du fait que les principes 13 et 14 de la constitution reconnaissent la foi chrétienne, détenir la Bible en farsi pour nourrir sa foi peut être considéré comme un délit. Les réunions chrétiennes sont assimilés à des rassemblements contre le système théocratique à moins que les responsables chrétiens ne reconnaissent la supériorité de l'islam.

 

Merci de ne pas stopper votre action et votre soutien en faveur de ceux qui sont persécutés pour leur foi !

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 14:37

Le Pasteur Youcef est toujours dans la prison de Lakan, dans la province iranienne "Gilan". Il demeure ferme dans sa foi et conserve un bon état d'esprit et de santé.

 


Le 11ème tribunal itinérant de "Gilan" (la province) attend une réponse à ses deux lettres qui ont été adressées au guide suprême d'Iran, l'ayatollah khameini.

  


L'un des avocats de Youcef a affirmé que le tribunal recevrait une réponse dans un délai d'un mois.

 

En cas d'absence de réponse, ils rendront une décision, peut-être à la mi-décembre.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 20:54
Source  www.epej.be :

Le Conseil National de l'Eglise d'Iran dément les rumeurs relayées par l'AFP selon laquelle la condamnation à mort du pasteur Youcef Nadarkhani aurait été annulée par la Cour Suprême de Justice.

 

Dans son verdict émis le 12 Juin 2011, la Cour Suprême a, au contraire, reconnu le bien-fondé de la sentence capitale prononcé (sur la base de trois fatwas), par un tribunal d'exception de Rasht, tout en évoquant néanmoins certains vices de procédure. Il a cependant été demandé aux juges locaux de s'organiser pour obliger le pasteur Youcef Nadarkhani à renier sa foi chrétienne, sous peine d'être exécuté pour apostasie.


La rumeur relayée par l'AFP pour des raisons inconnues et reprise malheureusement par des médias chrétiens, fait avant tout écho à des rumeurs circulant AVANT la notification officielle du verdict aux avocats le 11 juillet
dernier.


Nous tenons à rappeler que la condamnation à mort du pasteur Youcef Nadarkhani répond avant tout à des impératifs d'ordre politique et qu'il viole les articles 13,14 et 23 de la Constitution iranienne, conforme à la Sharia,
ainsi que le Code Pénal Islamique qui n'évoque pas le crime de pensée.


L'accès à une information libre et exacte étant l'un des fondements de la démocratie, nous regrettons vivement que dans cette affaire, l'AFP ait pu servir de relais involontaire à une telle désinformation.

 

****

 

Avant de diffuser une information, l'association "eleutherie" la vérifie !

De plus, nous sommes en relation personnelle avec le Pr. Andronicus Khandjani qui est le représentant officiel à l'étranger de "L'Eglise d'Iran"

 

Pierre-Antoine ELDIN

Président de l'association "eleutherie"

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 15:23

Iran, le pasteur qui préfère la pendaison au reniement


Le Point.fr - Publié le 01/10/2011 à 10:12 - Modifié le 01/10/2011 à 10:13

 


Comme Néron sous l'Antiquité, avec les premiers martyrs chrétiens, les séides du Premier ministre iranien Ahmadinejad veulent contraindre un pasteur à renier sa foi pour échapper à la peine de mort.
    
Youcef Nadarkhani, 34 ans, deux enfants, était pasteur depuis dix ans, dans la région de Gilan, à 250 kilomètres de Téhéran. Jusqu'en 2009, cet homme de Dieu, appartenant à l'Église évangélique, exerçait à peu près librement son ministère dans ce pays de 68 millions d'habitants, dont 99 % de la population est musulmane. 300 000 chrétiens vivent pourtant en Iran, dont beaucoup d'Arméniens et quelques milliers d'Iraniens de souche, comme le pasteur Nadarkhani. C'est bien là où le bât blesse.

 

En 2009, le gouvernement iranien décide que tous les élèves scolarisés doivent suivre l'enseignement coranique. Y compris les enfants des familles chrétiennes. Youcef Nadarkhani se rend alors à l'école de la ville de Rasht où étaient scolarisés ses fils Daniel, neuf ans, et Yoel, sept ans, pour les en retirer en se basant sur la Constitution de la République islamique iranienne de 1979 qui reconnaît la liberté de culte à toutes les religions du Livre. Et donc aux chrétiens. En théorie du moins.

 

Car le pasteur est arrêté le soir même par la police secrète. Il comparaît une première fois le 12 octobre 2009 devant une sorte de tribunal mi-politique, mi-confessionnel. On l'accuse d'apostasie. On lui reproche, à lui qui est chrétien, d'avoir abjuré l'islam.

 

Mobilisation internationale

 

Emprisonné dans la ville de Lakan, placé en cellule d'isolement pendant de longs mois, Nadarkhani est sommé de revenir à la religion du Prophète sous peine de mort, car en Iran l'apostasie est un crime puni de la peine capitale. Le pasteur a beau expliquer qu'il n'a rien renié, puisqu'il n'a jamais été musulman de sa vie, on cherche par tous les moyens à le faire plier. Y compris en lui administrant des sédatifs à haute dose pour casser sa volonté.

 

Faute d'y parvenir, on s'attaque à sa famille. Sa femme est arrêtée, jugée sommairement, sans même l'assistance d'un avocat, et condamnée à la prison à vie, comme complice de son mari. Pourtant, même dans ce pays où les règles élémentaires des droits de l'homme sont bien souvent bafouées, il existe encore des espaces dans lesquels survit une petite flamme de justice. Ainsi, un avocat, Mohamed Ali Dadkhah, parvient en appel à faire libérer la femme du pasteur.

 

Et pour Nadarkhani lui-même, il réussit à démonter, devant cette même cour d'appel, le principal argument de l'accusation consistant à dire que jusqu'à l'âge de 15 ans le pasteur était musulman, alors qu'il n'a, en réalité, jamais été un fidèle de l'islam.

 

Mais la République islamique et ses ayatollahs ne baissent pas les bras si facilement : les autorités religieuses font appel du jugement devant la troisième chambre de la Cour suprême de Qum. Le verdict rendu le 25 septembre dernier par cette instance est un modèle de casuistique et de mauvaise foi : certes, énonce-t-il, on ne peut reprocher à Youcef Nadarkhani d'avoir été musulman avant d'être chrétien, et sur ce point, nous acceptons les arguments de la défense.

 

Mais ses parents étant musulmans, il était tenu de revenir à la religion de ses ancêtres. Il n'est donc pas coupable "d'apostasie simple, mais - audacieux néologisme - d'apostasie nationale". Et comme tel, il doit être condamné à mort, sauf si dans les trois jours il acceptait d'abjurer sa foi chrétienne.

 

Les trois jours sont écoulés, et voilà pourquoi, pour sauver Youcef Nadarkhani d'une pendaison qui peut intervenir à tout moment, il est urgent que la communauté internationale se mobilise pour le pasteur iranien, comme viennent de le faire la France, par une déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay, mais aussi et surtout David Cameron et Barack Obama. Il est vrai que ses conseillers ont fait valoir au président américain que, né lui-même d'une famille musulmane d'Indonésie, il pourrait, s'il était iranien, être accusé d'"apostasie nationale" !

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 11:13

Entre privations, frustration et statut supérieur de l’homme reconnu par l’islam

L’Egypte fait face à l’explosion du nombre des agressions sur les Femmes


Les viols et les suicides se multiplient. La chute de Moubarak a accéléré le phénomène dans un terrain fertile

 

source :

vendredi 8 juillet 2011 - 13h46, par Mediarabe.info - Rome


Une étude réalisée récemment en Egypte par des ONG spécialisées révèle une hausse inquiétante de la criminalité depuis la chute de Hosni Moubarak, le 12 février dernier. Pourtant, la chute du régime ne peut justifier, à elle seule, l’ampleur de ce fléau.

 

De fait, la société, dominée par un islam rigoureux et agressif, accordant à l’homme un statut supérieur et faisant de la femme un objet sexuel, ne peut éviter ces agressions.


Depuis le déclenchement de la « Révolution du 25 janvier » en Egypte, la violence a littéralement explosé dans le pays du Nil, prenant essentiellement les femmes pour cible.

 

Pourtant, les Egyptiennes ont joué un rôle important dans la mobilisation populaire et ont contribué au renversement du régime, pour se retrouver, au lendemain de leur succès, plus marginalisées que jamais. D’autant que les femmes ne bénéficient d’aucune couverture politique, ni de protection, alors que le chaos s’est répandu à la faveur de la révolution.

 

Ces derniers mois, les ONG ont recensé une centaine d’agressions violentes commises sur des femmes.

 

Il s’agit de 51 tuées – des meurtres souvent motivés par des ruptures ou par le rejet des avances amoureuses – d’au moins onze femmes blessées dans les mêmes conditions, et de quinze autres violées.

 

La frustration et la privation, ajoutées à la supériorité du statut des hommes par rapport aux femmes, considérées comme mineures par la Charia, conduisent les jeunes à commettre ces écarts.

 

Les ONG recensent également douze femmes enlevées. Elles seraient essentiellement des coptes, dont les ravisseurs cherchent à convertir à l’islam pour les épouser.

 

A ces chiffres sinistres s’ajoutent cinq femmes qui se sont données la mort, après avoir été violées, ou pour échapper à des mariages forcés. Le rapport fait également état d’une hausse des violences familiales de près de 60% durant le premier semestre de l’année, une violence relevant notamment des crimes d’honneur.

 

 

Pour comprendre les raisons de cette violence contre les femmes, nous vous invitons à lire ou relire notamment :

 L’islamisation rampante en Egypte : La bataille du Niqab. Le pays du Nil a du mal à tourner la page de l’intégrisme (26 octobre 2006)

 La démographie galopante en Egypte : une prise de conscience tardive (10 juin 2008)

 Egypte : la course entre un libéralisme sexuel débridé et une répression religieuse draconienne (28 octobre 2008)

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 22:15
Brimades contre les chrétiens

Devant l’augmentation du nombre d’églises de maison en Iran, les responsables islamiques multiplient les déclarations publiques antichrétiennes. La pression monte sur les communautés.

 

Selon l’ayatollah Yazdi, il faut mettre fin au mouvement chrétien. Selon Hojatoleslam Tarashioon, directeur d’études religieuses comparatives, les églises de maisons s’accroissent car elles reçoivent de l’argent des ennemis de l’islam.

 

A l’automne dernier, l’ayatollah Khamenei avait, lui, parlé des ennemis de l’Iran à l’œuvre dans les groupes de maison chrétiens…

 

Ces déclarations hostiles de responsables religieux iraniens ont entrainé l’arrestation de plus de 120 chrétiens d’origine musulmane cet hiver. La plupart ont été libérés depuis, mais d’autres restent en prison où ils sont soumis à la torture et à l’isolement.

 

La situation actuelle:

  • Farshid Fathi, 32 ans, marié, 2 enfants, est incarcéré depuis le 26 décembre 2010 à la prison d’Evin. Il a fait des mois de cachot et a été torturé psychologiquement.
  • Abrihim Firuzi est emprisonné depuis le 8 janvier 2011 à Robat Karim, près de Téhéran. Il est accusé d’apostasie pour avoir quitté l’islam et de prosélytisme.
  • Noorollah Ghabitizadeh est en prison depuis le 24 décembre 2010 à Defzul.
  • Masoud Delijani a été arrêté le 17 mars à Kermanshah
  • Behnam Irani de Karaj a été arrêté le 31 mai 2011.
  • Vahik Abrahamian, qui a été arrêté le 4 septembre 2010.

youcef

  • Youcef Nadarkhani (photo) arrêté en octobre 2010, reconnu coupable d’apostasie le 13 novembre et condamné à mort.  Il aurait été traité brutalement physiquement et mentalement.
  • Son appel a été rejetté (source avocat) et la confirmation de la sentence de mort confirmée.
  •  
  • Les avocats qui prennent en charge la défense de ces chrétiens subissent de très fortes pressions et certains sont même menacés de mort.
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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 14:41
Chine, de Mao à Jésus : la vague protestante

De plus en plus nombreux, les protestants font peur au régime. Ils sont médecins, avocats, professeurs, parfois membres du Parti. Ils comptent dans leurs rangs de nombreux défenseurs des droits de l'homme. Chaque semaine, la police chinoise arrête par dizaines les fidèles de Shouwang, la plus emblématique des « églises indépendantes ». Mais pour leur foi, ils sont prêts au martyre.


Voici presque deux mois qu'on les voit arriver chaque dimanche à 8h30 tapantes, sur cette vaste place peu accueillante du quartier des universités à Pékin, avec sur le visage une curieuse expression d'hésitation et d'audace. Jeunes filles frêles en jeans et queue de cheval, couples de quadras bien mis, messieurs distingués ayant l'air de profs à la retraite, etc. A peine font-ils mine de se regrouper que des policiers en tenue anti-emeute se précipitent sur eux. Ils se laissent alors embarquer sans opposer de résistance. Dans le bus qui les emmène au poste, ils ouvrent leur missel et entonnent en chœur des cantiques.

Shouwang arrestations.jpg

Arrestation de fidèles de Shouwang

Ces individus qui défient chaque semaine l'impressionnant déploiement de sécurité, sont des protestants appartenant à Shouwang, la plus importante, la plus emblématique des églises dites « domestiques » de Pékin. Farouchement indépendants, refusant de se laisser absorber par l'église officielle, appelée aussi « patriotique », entièrement sous la coupe du gouvernement, ces groupes autonomes de convertis se réunissent chez les uns ou les autres ou dans une banale salle de réunion louée pour l'occasion. Ils élisent leur pasteur, ainsi que le petit comité d'« anciens » chargés de diriger l'église, et se consacrent avec ferveur à la vie de leur communauté. « Nous n'avons pas d'arrière-pensée politique, nous ne sommes pas opposés au gouvernement, affirmait récemment un responsable de Shouwang aujourd'hui assigné à domicile et impossible à approcher. Nous ne voulons qu'une chose : vivre librement notre foi en compagnie de nos frères et de nos sœurs ».


 

Pourquoi alors les autorités s'acharnent-elles sur Shouwang ? Chaque semaine, plusieurs dizaines de fidèles sont emenés. Depuis le début du mouvement de protestation, plus de 300 d'entre eux ont été questionnés par la police, pressurés pour signer un désaveu de leur guide spirituel, avant d'être en général relâchés. Six responsables sont en revanche en résidence surveillée depuis le début des incidents il y a sept semaines, et le bruit court qu'ils seront bientôt jetés en prison. Selon Bob Fu, responsable de l'ONG américaine ChinaAid qui suit de près le sort des chrétiens de Chine, Pékin a toujours vu d'un très mauvais œil l'émergence de quelque groupe organisé que ce soit.


 

Jin Tianming.jpgFondé en 1993 par le charismatique pasteur Jin Tianming, à l'époque jeune ingénieur chimiste diplômé de la prestigieuse université Tsinghua, Shouwang a vu le nombre de ses fidèles passer de 10 à 1000 personnes en 15 ans. Résultat : l'église n'a cessé de subir le harcèlement des autorités, qui l'ont contrainte à déménager une vingtaine de fois, « Deux autres raisons se sont ajoutées à date récente, précise Bob Fu. D'abord le fait que Shouwang ait préparé l'envoi de 200 délégués venus de toute la Chine à la conférence internationale du mouvement évangélique qui devait se tenir en Afrique du Sud. » Alarmées par cette capacité de coordination et cette volonté d'apparaître comme les représentantes légitimes du protestantisme chinois, les autorités ont empêché tous les délégués à se rendre au Cap. « Là-dessus, les révolutions du jasmin ont éclaté. Craignant la contagion, Pékin a décidé de casser Shouwang ».


 

En 2010, les fidèles avaient recueilli assez de dons pour acheter pour 6 millions de dollars tout un étage d'un building dans le quartier des universités. Mais la vente a été annulée sous la pression des autorités et Shouwang a dû se rabattre sur une grande salle de réunion louée dans un restaurant branché. Au bout de quelques mois, le bail est à son tour dénoncé, pour les même raisons, et la voilà de nouveau à la rue. « Ils veulent nous obliger à nous fractionner, ou mieux : à nous dissoudre au profit de l'église patriotique, affirme une fidèle d'un ton scandalisé. Nous ne l'accepterons jamais. Nous ne nous sommes pas tournés vers le Seigneur pour nous retrouver avec des soi-disant pasteurs qui sont en fait des fonctionnaires aux ordres des athées du PC ! »


 

Avec ses quarante groupes de lecture biblique, sa chorale, son catéchisme, ses fidèles tous issus de la nouvelle bourgeoisie - professeurs, médecins, avocats, étudiants, voire membres du parti -, et les dizaines de nouveaux convertis amenés chaque mois par ses adeptes, Shouwang (« vigie », en chinois) est aux yeux du régime le symbole le plus redoutable de la nouvelle vague de conversions qui balaie la Chine. Urbaine, éduquée, aisée, dégoûtée des ressucées « rouges » servies par la télévision, revenue même du culte de la consommation, la nouvelle classe privilégiée tentée par le message du crucifié risque d'entrer en dissidence morale contre un pouvoir désormais perçu comme dénué d'âme.


 

Shouwang chorale.jpg
Chorale de Shouwang

Les chiffres sont révélateurs. En 2006, 31% des Chinois interrogés par un institut de sondage pratiquaient une religion, soit trois fois plus que les statistiques officielles. Sur ce total stupéfiant de trois cent millions de croyants, deux tiers se réclament de doctrines traditionnelles, comme le bouddhisme ou le taoïsme. Le dernier tiers, soit cent millions de personnes, correspond à l'avancée vertigineuse du christianisme. Un rapport confidentiel qui a fuité la même année porte même ce total à 130 millions, dont les quatre cinquièmes seraient protestants. Comparés aux 5 millions de chrétiens répertoriés au moment où Mao prend le pouvoir en 1949, les chiffres ont été multipliés par 20 ou 25 en 60 ans. Avec 7 à 10% de la population, le christianisme représenterait donc la deuxième religion chinoise !


 

Quelle revanche après les décennies de persécution sanglante infligées sous Mao à cette doctrine « étrangère » accusée d'être au service de l'impérialisme capitaliste. Le christianisme s'est désormais acclimaté, et n'apparaît plus tant comme une étrange croyance venue d'ailleurs. Pour les millions de nouveaux adeptes, la Chine sera chrétienne d'ici deux ou trois décennies.


 

« Je pense que le christianisme deviendra la religion principale, pas la seule », tempère le juriste et historien Fan Yafeng, un des penseurs principaux du mouvement de conversion, aujourd'hui soumis à une lourde surveillance. Dans une interview récente, il nous expliquait que le PC, en éradiquant les religions autochtones, avait involontairement ouvert la voie à la conversion des élites. « Mais n'oublions pas que ce sont les paysans, jadis évangélisés par des pasteurs étrangers, qui ont su garder la flamme malgré une terrible répression. Ils sont devenus missionnaires à leur tour dès que ça a été possible. Dans les années 80, ils ont réussi à convertir jusqu'à 80% des habitants de certains districts du Henan et du Zhejiang ».


 

C'est sur ce terreau très vivant que les intellectuels en quête d'âme ont pu s'appuyer. Mais en bons mandarins, méfiants vis à vis d'une dévotion trop émotionnelle, ils se sont tournés d'abord vers les sources théoriques, traduisant à tour de bras Saint Augustin ou Calvin. Ils ont fini par porter leur choix sur la doctrine du grand réformateur genevois. « C'est celui qui nous permet le mieux de comprendre les rapports entre la foi individuelle et la société », explique Yu Jie, autre penseur protestant et opposant connu. « Nous sommes pour une séparation nette entre la religion et la politique, mais sans renoncer à la force du lien avec Dieu. Comment vivre pleinement sa foi au sein de sa famille, dans sa profession, et dans la société ? Calvin a beaucoup réfléchi à ces questions, et c'est lui qui nous guide aujourd'hui ».


 

C'est en tout cas un certain christianisme engagé que ces intellos ont acclimaté à la Chine. L'important mouvement de défense des droits civiques qui joue depuis quelques années un rôle central dans l'émergence de la société civile en est partiellement issu. Ce n'est pas un hasard si la moitié des avocats qui se battent courageusement pour défendre les victimes des innombrables abus sont des convertis de fraîche date. C'est dans la notion d'amour, absente de l'héritage philosophique traditionnel, qu'ils puisent l'énergie et l'idéal de leur action. « Nous voulons offrir à cette société malade de haine un modèle d'évolution fondé sur l'amour et le pardon », affirme Yu Jie. C'est aussi ce dont sont fermement convaincus les fidèles de Shouwang, et ce pour quoi ils ont prêts à aller au martyre.


 

Alarmées par l'aggravation de la crise, une vingtaine d'églises domestiques de différentes provinces viennent de se solidariser publiquement avec leurs frères pékinois. Dans une audacieuse lettre ouverte adressée à l'Assemblée nationale populaire, leurs pasteurs dénoncent la répression contre Shouwang et demandent la légalisation de toutes les églises domestiques. Un remarquable acte de fraternité chrétienne. Et pour Pékin la preuve que la subversion protestante est bien en marche.


 


 

Les convertis de Tian'anmen


Le mouvement de conversion des intellectuels chinois a commencé hors de Chine. Ce sont en effet les vaincus de Tian'anmen, qui ont été les premiers à se tourner en masse vers le christianisme après avoir trouvé refuge en Europe ou aux Etats-Unis. Ebranlés par le massacre auquel ils venaient d'assister, rongés de culpabilité, déracinés, désenchantés, ils sont nombreux à avoir trouvé un sens et une consolation dans la doctrine du Christ.

 

Yuan Zhiming.jpg

Yuan Zhiming

Le récit le plus poignant de cette mutation a été donné par Yuan Zhiming, un des intellectuels les plus en vue du mouvement de Tian'anmen, dont les sermons, regroupés sur un DVD intitulé « Pourquoi je crois en Jésus », font un tabac en Chine. Sur les 21 leaders les plus recherchés en 1989, un bon tiers s'est converti au protestantisme. Plusieurs sont même devenus pasteurs d'importantes communautéschinoises d'outremer. Leurs revues, envoyées en Chine sous forme de fichiers informatiques et réimprimées sur place, font les délices des néophytes. Leurs théologiens viennent discrètement donner des sessions de formation aux futurs pasteurs. Leurs finances permettent de soutenir les activités de propagation de la foi, et de secourir les victimes de la répression. Les proscrits de Tiananmen n'ont pas renoncé à transformer la Chine, mais cette fois, c'est son âme qu'ils veulent sauver.

 

 

 

 
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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 10:15
Corée du Nord : 200.000 prisonniers dans des goulags
Sur ce cliché apparaît le camp PPC 15 de Yodok, dans le centre du pays.
Sur ce cliché apparaît le camp PPC 15 de Yodok, dans le centre du pays. Crédits photo : DIGITALGLOBE/AFP

L'ONG Amnesty International a diffusé des photos satellite de camps où le régime de Pyongyang maintient ses prisonniers politiques (*) dans des conditions de vie «atroces».

La Corée du Nord n'a rien à envier aux goulags de la pire époque soviétique. C'est ce que révèle l'ONG Amnesty International, qui a diffusé mercredi des images montrant que les camps d'enfermement coréens ont augmenté en taille et en nombre au cours des dix dernières années. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, 200.000 personnes y sont enfermées.

 

«Il s'agit d'endroits dissimulés aux yeux de tous, où sont bafouées la quasi-totalité des dispositions protégeant les droits humains», a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Les images satellite diffusées par l'ONG montrent que quatre des six camps - situés dans des zones sauvages des provinces du Pyongan du Sud, du Hamkyung du Sud et du Hamgyong du Nord - occupent une superficie très vaste et se sont considérablement étendus depuis 2001.

Manger des rats pour survivre

Pour avoir une idée de la vie à l'intérieur de ces camps, l'organisation a recueilli le témoignage d'anciens détenus qui ont fui la Corée du Nord. Jeong Kyoungil, incarcéré à Yodok de 2000 à 2003, décrit précisément la de vie quotidienne au camp : «Une pièce d'environ 50 m² sert de dortoir à 30 ou 40 prisonniers politiques».

 

Selon son témoignage, la journée des prisonniers commence à 4 heures du matin et compte pas moins de quatorze heures de travail forcé, auxquelles il faut ajouter deux heures «d'éducation idéologique». Seuls ceux qui achèvent leurs tâches quotidiennes ont droit à un bol de 200 grammes de gruau de maïs. Certains prisonniers en sont donc réduits à manger des rats ou des graines retrouvées dans les excréments d'animaux pour survivre. Selon un autre ancien prisonnier de Yodok, 40% des détenus sont morts de faim entre 1999 et 2001.

 

Outre ces conditions de travail «proches de l'esclavage», Amnesty évoque l'utilisation de la torture et «d'autres traitements cruels, inhumains et dégradants». Les autorités ont notamment recours à des «cellules de torture», des pièces minuscules où le détenu ne peut ni s'allonger ni se tenir debout. Amnesty signale le cas d'un mineur qui y a passé huit mois. En outre, selon un ancien prisonnier du camp Kwanliso 15, à Yodok, «tout le monde à Kwanliso a été témoin d'exécutions. (…) Tous ceux qui ont essayé de s'échapper ont été attrapés. Ils étaient interrogés pendant deux ou trois mois, puis exécutés». Dans ce camp, le rapport indique que des milliers de prisonniers sont jugés «coupables par association», parce qu'un de leurs proches est lui aussi en prison. Beaucoup ignorent même la raison de leur emprisonnement.

 

Dans la perspective d'une passation de pouvoir probable entre l'actuel dictateur, Kim Jong-Il, et son fils Khim Jong-Un Amnesty redoute une «période d'instabilité» et l'extension de ces camps. «Les conditions de vie dans ces camps sont inhumaines et Kim Jong-il doit les fermer immédiatement», conclut l'ONG.

 

source : http://www.lefigaro.fr/international/2011/05/04/01003-20110504ARTFIG00709-coree-du-nord-200000-prisonniers-dans-des-goulags.php

 

(*) Dans l'appellation "prisonniers politiques" les dirigeants nord-coréens englobent également les chrétiens qui représentent une menace à leurs yeux. (note Pdt. eleutherie)

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 12:39

 

Plus de 60 églises ont été incendiées et des milliers de maisons appartenant à des chrétiens ont été détruites. Des pasteurs, des employés d'églises et des villageois chrétiens ont été blessés et tués. Craignant un massacre, des milliers de personnes auraient pris la fuite.

 

Selon des informations recueillies auprès des chrétiens locaux, ce sont les Etats d'Adamawa, Bauchi, Jigawa, Kaduna, Kano, Sokoto, Gombe, Yobe et Katsina situés au Nord du Nigéria, qui seraient touchés. De jeunes musulmans radicaux manifestent dans les rues depuis le 18 avril. A cette date,  la commission indépendante des élections a annoncé la victoire de Goodluck Jonathan, candidat du Parti Démocratique du Peuple (PDP), aux élections présidentielles du 16 avril.

 

Heureusement, nous recevons aussi des nouvelles encourageantes: celles de chrétiens qui aident leurs voisins musulmans et celles de musulmans qui soutiennent des chrétiens dans ces conditions difficiles.

 

Source : http://www.portesouvertes.fr/

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 10:25

Pakistan/minorités: le ministre assassiné : 
AFP 02/03/2011 

 

Des inconnus ont ouvert le feu et tué aujourd'hui le ministre pakistanais des minorités religieuses, le chrétien Shahbaz Bhatti, à Islamabad, a annoncé une source hospitalière. Des hommes armés ont tiré sur sa voiture dans un quartier huppé de la capitale, a indiqué  Abdul Majid, un officier de la police d'Islamabad. "Il était mort à son arrivée à l'hôpital, on lui a tiré dessus", a déclaré le Dr Azmatullah Qureshi, porte-parole de l'un des plus grands hôpitaux d'Islamabad, le Shifah. Les assaillants, au moins deux hommes à moto, ont pris la fuite après avoir tiré en rafale sur sa voiture, selon la police.

 

Ce meurtre survient en pleine controverse dans ce pays musulman sur des velléités d'amendement d'une loi prévoyant la peine de mort en cas de blasphème et l'assassinat début janvier d'un gouverneur qui avait pris la défense d'une chrétienne condamnée à la peine capitale pour avoir "insulté" le prophète Mahomet.

 

Le ministre Bhatti, qui était l'un des défenseurs d'un amendement de la loi contre le blasphème et multipliait les déclarations sur les violences et intimidations dont est victime notamment la minorité chrétienne, se disait régulièrement menacé.

 

L'assassin du gouverneur du Penjab, un "héros" pour le peuple

 

Le 4 janvier, en plein jour et devant le salon de thé d'un complexe commercial huppé d'Islamabad, Salman Taseer, le gouverneur du Penjab, la province la plus peuplée du Pakistan, avait été criblé de balles par un policier du commando d'élite chargé de sa protection.

 

L'assassin, qui avait invoqué le fait que Taseer défendait une chrétienne condamnée à mort après avoir été accusée par des villageoises d'avoir insulté Mahomet et parce qu'il s'était fait l'avocat d'un amendement de la loi contre le blasphème, est devenu un "héros" aux yeux d'une grande partie de la population de la République Islamique du Pakistan.

 

Depuis deux mois, les manifestations de soutien au policier et hostiles à toute modification de la loi se multiplient dans le pays et le gouvernement, sous la pression de la rue, répète inlassablement qu'il n'a aucune intention de soutenir l'amendement présenté par certains parlementaires.

 

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